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Numéro 3, Année I, Octobre 2009
Tombeau de type macédonien à Varos - OhridCe tombeau se trouve dans la vieille ville d’Ohrid, au pied oriental de la colline plus élevée, à une dizaine de mètres à l’ouest du theâtre antique et de la rue « Braka Miladinovci ». La conception architectonique est typique des tombeaux macédoniens de la période de la Basse Antiquité et de la période macédo – hellénistique. Il comprend un ensemble représentant l’entrée : escaliers, dromos, antichambre et chambre. Les escaliers, c.-à-d. les cinq marches réalisées avec des plaques de pierre et des pierres aplanies, descendent jusqu’au dromos. Au-dessus de l’entrée et presque au-dessus de la troisième marche, il y a un linteau de pierre massif. La construction murale du dromos est réalisée selon la technique d’opus quadratum, avec des blocs de calcaire et de granite taillés, de section rectangulaire, disposés en quatre rangées et qui soutiennent la toiture de plaques de pierre massives.Aucun liant n’a été utilisé. Le dromos fait 3,60 mètres de long, 1,02 mètre de large et 1,85 mètre de haut. L’antichambre est voûtée, crépie au mortier et teintée de rose et de gris-bleu. Elle fait 3,02 x 1,70 x 1,70 m (de long). De l’antichambre , on accède à la chambre par une entrée presque en forme de trapèze, c.-à-d. qui s’élargit progressivement vers le haut. L’entrée a un jambage de pierre typique et profilé, en oblique vers le haut, qui soutient le linteau qui le surplombe et qui est également profilé. Sur le sol, les montants sont posés sur une plaque de pierre identique. La structure typique, de l’ensemble formant l’entrée, peut être comparée à de nombreuses constructions semblables aux tombeaux macédoniens de la fin de la Basse Antiquité et de la période macédo – hellénistique, c.-à-d. de la moitié du IVème siècle à la moitié du IIème siècle av.J.-C. La section inférieure de la chambre est divisée en compartiments délimités par des profils, et sa partie supérieure se termine par une voûte mi-cylindrique, ce qui est également typique des tombeaux macédoniens. L’intérieur est crépi au mortier, teinté et orné de frise rouge pompéien et marron foncé.Ses dimensions: 4,0 x 3,2 x 1,70m (de long). Deux corps y étaient déposés dans des sarcophages ou plutôt sur des couchettes du genre « canapé » (le long des murs sud et est de la chambre, où l’on remarque des traces de trous de clous), et, peut-être, un troisième corps y était également inhumé le long du mur nord La surface des murs de bas en haut (le sol des deux compartiments est en mortier hydraulique) est divisée en cinq parties décoratives : plinthe de calcaire de 10 centimètres de haut ; orthostats ( cases rectangulaires) realisés avec du stuc imitant des dalles de marbre roses de 115 centimètres de haut ( dans l’antichambre et la chambre) ; au-dessus, guirlande de 15 centimètres ( 8 cm. de profond) ; surface unie, de 100 centimètres de haut, teintée de rouge pompéien mentionné ci-dessus ( dans la chambre) ; surface peinte en blanc jusqu’à la voûte arquée. Le tombeau a probablement dû être pillé encore à l’époque antique. Ce type de caveaux monumentaux était très fréquent dans les régions de la Macédoine antique au cours de la période mentionnée ci-dessus. Le plus apparenté au nôtre est celui qui a été découvert à Selce ( tombe 6), au sud-ouest de Pogradec, Albanie d’aujourd’hui, et au sud-ouest de Lychnidos et du lac de Lychnidos (Ohrid), à l’extrême nord-ouest de la Macédoine de cette époque. Du point de vue architectonique, le tombeau macédonien d’Ohrid possède le plus d’analogies avec celui de Pydna ( dromos, deux pièces, dimensions semblables), ainsi qu’avec les tombeaux similaires d’ Amphipolis et de Stavropolis. La décoration non figurative de son intérieur le rapproche également du célèbre tombeau de Vergina (Kutles). Même si par ses dimensions, ce tombeau n’est pas aussi monumental, on pourrait quand même dire qu’il appartenait aux couches sociales dominantes de Lychnidos, à savoir si nous acceptons la datation de V.Bitrakova Grozdanova [voir : V.Bitrakova Grozdanova – P.Kuzman, Lychnidos dans la Haute Antiquité ( nouveaux témoignages archéologiques), Histoire, numéros 1- 4, Skopje 1998/1999, 101- 1003)] concernant le maître de courte durée de la cité de Lychnid, Erop. Ce dernier est cité par Live (Liv. XXVIII, 32, 9) en relation avec les événements qui ont eu lieu à l’époque où la cité était sous le règne du roi macédonien Philippe V en 209 av.J.-C. et où l’on mentionne pour la première fois le nom de la cité et l’existence de la forteresse de Lychnidos. |
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